Mathieu Robin

Nom : ROBIN                      

Prénom : Mathieu                 

Date de naissance : 02/07/78

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" Interview :" 

Des livres et vous : "Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ? Que faisiez-vous avant d’être écrivain ?"

Auteur :  J’ai toujours aimé raconter des histoires. Par quelques médias que ce soit. Plus jeune je voulais faire de la BD, j’aimais bien dessiner et puis finalement je suis devenu scénariste et réalisateur pour le cinéma.
Curieusement, le cinéma m’a amené à l’écriture, alors que c’est souvent l’inverse qui se produit : des auteurs adaptent leurs livres sur grand écran. Ce fut le contraire, j’ai novélisé mon court-métrage « Pensée assise » pour Actes Sud Junior dans la collection Ciné-Roman. Mais c’était un livre écrit à la première personne, très familier dans le style, presque parlé. Pour moi c’était comme une voix off, je n’avais pas l’impression d’être en terre inconnue. C’était il y a dix ans et à l’époque je me croyais incapable d’écrire d’autres romans, je me disais que cela avait été tout simplement un heureux concours de circonstance et que ma brève carrière de romancier s’arrêterait là.
Étant dysorthographique, capable de remplacer un mot par un autre juste parce qu’ils ont la même sonorité, l’écriture littéraire n’a jamais été une évidence pour moi. Je pensais que le cinéma, l’image, était mon inclinaison naturelle.  
Puis, j’ai eu une commande : écrire une biographie historique. Une écriture à quatre mains avec ma compagne, qui est journaliste et historienne. Un ouvrage de plus de 500 000 signes écrits en sept mois, nourris d’une matière passionnante. Sept mois d’écriture merveilleuse, pendant laquelle j’ai pu découvrir la liberté qu’offre l’écriture littéraire. Au cinéma, la moindre ligne scénaristique à un coût financier et peut être remise en question par toutes sortes de personnes qui finance le film (les chaînes, les commissions etc…), souvent pour des raisons commerciales ou des simples questions de goûts ou de morale. Alors que dans le processus créatif d’un livre, l’éditeur (en tout cas le mien, François Martin), respecte absolument votre texte ! Il est présent comme un ami bienveillant, capable de pointer les faiblesses de style, de rythme, mais jamais de façon péremptoire.
Cette seconde expérience littéraire m’a donc permis de prendre conscience que j’étais capable d’écrire à la troisième personne, aller au-delà de la « voix off ».
Puis, suite à une importante séries de déconvenues dans le cinéma : projets tombés à l’eau ou pas financés, j’ai eu besoin d’un nouveau souffle et j’ai commencé à écrire un autre livre : « Ses griffes et ses crocs ». Un « budget no limit », dans lequel mon imagination pouvait s’exprimer sans retenue. J’ai installé mon histoire dans les somptueux paysages de la chaîne des cascades en Oregon. Et comme j’avais en tête les films de Spielberg qui ont bercé toute mon enfance, j’ai choisi de situer l’intrigue dans les années 80. J’ai écrit exactement le genre d’histoire qui me dépaysait et me faisait vibrer enfant, sans aucune contrainte et j’ai adoré ça !

Des livres et vous : "Quels genres aimez-vous lire ?"

Auteur : J’aime toutes sortes de livres, leur point commun est qu’ils doivent m’emporter dès les premières pages. J’aime par dessus tout qu’on me raconte une histoire. En ce sens j’aime beaucoup la littérature américaine, de Paul Auster à tout récemment Steve Tesich.
J’adore les biographies. Stefan Zweig pour sa capacité à décrypter la psychologie de ses personnages. Le style de Romain Gary dont j’aime l’autodérision. La poésie du verbe de Jean Giono.

Des livres et vous : "En tant que lecteur, quel roman a marqué votre adolescence ? Quel roman jeunesse conseilleriez-vous aux internautes ?"

Auteur : "Le chien des Baskerville" est le livre qui m’a le plus impressionné adolescent. Quand j’ai commencé à écrire « Ses griffes et ses crocs », j’avais bien en tête les angoisses suscitées par ce livre de Sir Arthur Conan Doyle.
Il y a aussi les livres d’aventures de Jack London dans le Grand Nord américain qui ont marqué mon adolescence et que je conseille également !                                                                                                     

Des livres et vous : "Vos livres sont-ils tous destinés à un public d’adolescents ? Pourquoi vous adresser à ce type de public ?"

Auteur : J’ai écrit « Pensée assise », en pensant au lectorat ado. Comme je fonctionne beaucoup par métaphore, j’ai tenté de trouver des références et des images qui soient de leur génération.
Mais pour « Ses griffes et ses crocs », je n’ai pas réfléchi comme cela. À mon sens ce livre est aussi bien pour les ados que pour leurs parents car les sujets : la peur, l’émancipation, la désobéissance imprègnent l’adolescence. Mais je n’ai par cherché à plaire à un lectorat en particulier.

Des livres et vous : "Quelles difficultés rencontrez-vous dans la rédaction d’un roman ? Combien de temps mettez-vous entre la naissance d’un roman et son point final ?"

Auteur : La plus grande difficulté pour moi est de me lancer dans une histoire. Choisir dans un des projets qui me taraudent et enfin m’y lancer à corps perdu. Quand je suis lancé, ce sont les doutes propres à pas mal de romanciers j’imagine, qui m’assaillent en permanence pendant tout le processus créatif, voire après...
Je me remets beaucoup en question concernant la structure de l’histoire, du rythme. J’essaie d’emporter le lecteur, donc d’enlever tout le superflu. Pour « Ses griffes et ses crocs » j’ai enlevé près de 20 pages au début, pour que l’on rentre plus vite dans l’histoire.
Sinon, j’essaie d’écrire en état d’urgence, en continu. Je le fais en trois étapes importantes. Une version que je retravaille totalement deux fois. Une vieille habitude empruntée à l’écriture scénaristique ou en général on a trois rendus de continuité dialoguée.
Entre le moment où j’ai commencé à écrire le livre et sa parution, il y a eu un an.

Des livres et vous : "Où et quand écrivez-vous généralement ?"

Auteur : J’écris chez moi, confortablement assis dans mon canapé, mon ordinateur posé sur mes genoux. Avant je m’abîmais le dos à mon bureau en me penchant toujours vers l’écran. C’est finalement cette position de pacha qui me permet d’écrire sans souffrir ! J’écris de 10h à 13h et de 14h à 18h avec une pause d’un heure l’après midi. Cinq jours par semaine quand j’ai une « dead line ».

Des livres et vous : "Comment vous sentez-vous lors de la publication d’un livre ?"

Auteur : Totalement angoissé. Je n’ai aucune idée de l’accueil que les lecteurs vont réserver au livre, donc je suis totalement plongé dans le brouillard et assailli par les doutes. Ai-je fait les bons choix ? Ai-je écrit une histoire qui emporte, qui émeut, qui peut prêter à réflexion ?
Et puis quand viennent les premiers retours, les articles des blogs, si des témoignages de lecteurs sont bons, alors je suis heureux. Car si j’ai pu partager mon histoire, mon émotion avec ne serait-ce qu'un lecteur, j’ai réussi. Mon travail, ce livre édité, ces feuilles imprimées, n’auront pas été vains.

Des livres et vous : "Des infos sur votre prochain roman ?"

Auteur : Je pense écrire une suite à « Ses griffes et ses crocs ». J’ai envie de retrouver certains personnages et les voir évoluer. Ce sera une suite dans la continuité de cette histoire, mais à l’échelle mondiale. J’ai envie de me frotter à la fable uchronique, changer l’histoire du « monde d’hier » afin de porter un autre regard sur celui d’aujourd’hui. Mais toujours à travers les aventures de la famille Coogan…

 

"Tribune libre :"

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